Présentation du projet GLIOTEX – ARTC

Le glioblastome est le cancer cérébral le plus fréquent, le plus grave, et aussi le plus difficile à traiter. En effet, malgré les avancées de la chirurgie, de la radiothérapie, et de la chimiothérapie, les traitements actuels restent insuffisants. Ils ne permettent pas de guérir définitivement le glioblastome. Face à cette réalité, nous n’avons pas le choix : nous devons ouvrir de nouvelles voies inexplorées, innover, tester à grande échelle, et accélérer la découverte de nouveaux médicaments.

C’est dans cet esprit qu’est né GLIOTEX qui est l’acronyme de « GLIOblastome » et « Thérapies Expérimentales ».

Pourquoi GLIOTEX ?

Le constat est sans appel : en 25 ans, seuls deux nouveaux médicaments ont vu le jour pour traiter le glioblastome. Deux en un quart de siècle… C’est trop peu et beaucoup trop lent face à l’urgence que vit chaque patient chez qui la maladie est diagnostiquée. Et ce n’est pas faute de travail ou de volonté, mais parce que les laboratoires académiques qui se consacrent pleinement à la recherche thérapeutique en neuro-oncologie sont trop peu nombreux, et l’industrie pharmaceutique s’intéresse prioritairement aux cancers les plus fréquents.

L’objectif de GLIOTEX est clair : découvrir rapidement de nouveaux traitements, se donner les moyens de les tester sans délai, et surtout accélérer leur passage du laboratoire au patient. Pour cela, nous avons créé une équipe entièrement dédiée à la recherche thérapeutique contre le glioblastome, constituée de chercheurs disposant d’une expertise reconnue, d’une plateforme technologique de pointe et de moyens durables.

Qui compose GLIOTEX ?

GLIOTEX, a été créée en 2010 grâce à des pionniers comme le Professeur Jean-Yves Delattre, le Professeur Ahmed Idbaih et le Docteur Maïté Verreault. Dès le départ, GLIOTEX a pu compter sur le soutien indéfectible de l’Association pour la Recherche sur les Tumeurs cérébrales (ARTC) pour financer les premiers projets, recruter des jeunes chercheurs et lancer les collaborations nationales et internationales indispensables à une recherche ambitieuse. Aujourd’hui, pour mener à bien ses objectifs GLIOTEX est composé du Pr Ahmed Idbaih coordinateur du programme, d’une chercheuse/cheffe de projets– le Dr Maïté Verreault, de 3 ingénieurs d’étude, et de doctorants et post-doctorants au service des projets.

Où se situe GLIOTEX ?

GLIOTEX œuvre au cœur de l’Institut du Cerveau (ICM) à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, un centre de recherche, mondialement connu qui offre à ses chercheurs l’accès aux technologies les plus avancées et un environnement scientifique d’exception où naissent et se croisent les idées, se tissent les collaborations, et où la recherche se nourrit et prend de la vitesse.

Quels sont les acquis de GLIOTEX ?

En quelques années, GLIOTEX a acquis une expertise reconnue sur le plan académique. Il n’existe dans le monde que très peu d’équipes comparables spécifiquement dédiées à la thérapie expérimentale des glioblastomes. Etroitement lié aux cliniciens des services de neurochirurgie et de neuro-oncologie, GLIOTEX a mis au point et développé des modèles expérimentaux reconstituant au plus près les tumeurs cérébrales des patients, et si précieux pour évaluer les traitements. Ces « avatars » de glioblastomes continuent de se perfectionner et sont source de nombreuses collaborations scientifiques. Plusieurs pistes thérapeutiques ont été défrichées par GLIOTEX et font l’objet d’essais cliniques en cours ou en perspective  comme l’utilisation des ultrasons en combinaison avec la chimiothérapie et l’immunothérapie, le repositionnement de médicaments d’usage courant pour traiter le glioblastome, l’évaluation de nouvelles classes de médicaments ciblant des failles typiques des cellules de glioblastome (métabolisme, multiplication et invasion incontrôlées), l’hormonothérapie comme nouveau traitement dans le glioblastome. D’autres projets n’attendent qu’à voir le jour ; les compétences et les expertises sont là, il ne s’agit que d’une question de moyens.

Qui soutient GLIOTEX ?

Rien de tout cela n’aurait été possible sans le soutien indéfectible de l’ARTC qui a choisi d’investir dans l’avenir et la durée GLIOTEX avec un soutien annuel de 250 000 Euros, permettant à GLIOTEX de générer par ses travaux des financements complémentaires. Ceci inclut des soutiens industriels – comme les laboratoires Servier, Carthera, Amgen –, académiques – comme l’INSERM, l’Institut national du Cancer, Europe H2020 –, associatifs – Des Etoiles Dans La Mer, Sports et Collections, Fondation pour la Recherche Médicale – et institutionnels, de l’ICM. Chaque euro investi dans GLIOTEX contribue à accélérer les découvertes et l’innovation thérapeutique.

En conclusion

GLIOTEX n’est pas seulement un programme scientifique, c’est une aventure humaine, une alliance pour l’espoir entre chercheurs, médecins, patients, aidants, donateurs, et mécènes. Ensemble, nous portons un projet ambitieux, celui de guérir les cancers du cerveau dont le plus grave de tous le glioblastome.

Merci de votre confiance et de votre soutien qui nous est crucial dans notre combat.

Le Docteur Maïté Verreault et le Professeur Ahmed Idbaih

Immunothérapie et utrasons pour traiter le glioblastome

Soumi Mukherjee est doctorante en sciences et a obtenu une bourse européenne pour développer un projet d’immunothérapie dans le cadre du programme Gliotex-ARTC.

Quel est votre parcours scientifique ?

Une licence en microbiologie, un master en médecine moléculaire et ma passion pour la recherche m’ont poussée à faire un stage au Centre avancé de traitement, de recherche et d’éducation contre le cancer, grand institut spécialisé de Mumbai (anciennement Bombay). J’y ai acquis une expérience spécifique de recherche qui se situe à l’interface entre la biologie fondamentale et la clinique. Cette expérience a renforcé ma motivation pour m’investir dans la recherche en oncologie. En 2023, j’ai rejoint l’équipe Gliotex-ARTC au sein de l’Institut du cerveau pour préparer mon doctorat dédié au traitement du glioblastome, sous la direction du Pr Ahmed Idbaih et du Dr Maïté Verreault.

Pouvez-vous dire quelques mots de votre projet de recherche ?

J’explore une nouvelle stratégie de traitement du glioblastome qui combine deux approches distinctes, en espérant qu’elles seront plus efficaces en se combinant. Il s’agit d’une part des ultrasons pulsés de faible intensité (LIPU) qui agissent en facilitant le passage des médicaments au cerveau pour atteindre la tumeur, et d’autre part de l’immunothérapie. Une étude récente de notre laboratoire a montré que l’association des ultrasons avec un médicament immunostimulant, appelé anti-PD-L1, améliore considérablement la survie des souris atteintes de tumeur cérébrale. Fait surprenant, les ultrasons utilisés seuls semblent déjà avoir aussi un effet stimulant, qui lui est propre, sur le système immunitaire.

Où en êtes-vous dans vos recherches ?

Je teste actuellement d’autres médicaments d’immunothérapie intéressants (anti-PD-1, anti-TIM-3, anti-LAG-3, anti-GAL9) en combinaison avec les ultrasons. J’analyse quelles protéines immunitaires sont les plus présentes dans les cas du gliobastome et de son environnement local pour identifier celles qui pourraient constituer les meilleures cibles pour les traitements. Nos premiers résultats montrent qu’une protéine appelée Gal9 serait une excellente cible pour le traitement (voir la figure).

Vue au microscope d’un glioblastome de souris. Les points roses correspondent à des cellules tumorales au centre de la tumeur, les points verts à divers types de cellules immunitaires et les points jaunes en périphérie de la tumeur, aux cellules présentant une cible (appelée Gal9) pour les nouvelles immunothérapies.

En quoi cette recherche est-elle importante ?

Si nos études confirment que ces nouvelles combinaisons de traitements sont efficaces sur des modèles précliniques, elles déboucheront sur des essais cliniques chez l’humain, et à terme, nous l’espérons, sur de nouvelles options thérapeutiques pour les patients atteints de glioblastome.